Au milieu de ses champs se dresse sa fière ombre
Dans sa course le temps emporte les vestiges
D’aciers d’oubliées mers qu’il sans cesse fustige
Dernier roi de la terre et dont la vue obombre
Dernier roi de la terre
Au cœur de son domaine il est si solitaire
On croit voir un dolmen ultime témoignage
D’époques révolues - Serais-t-il donc sans âge ?
Sans sujet dévolus c’est la fin de son ère
Sans sujet dévolus
Plus bas coulent les eaux coulent ainsi dissolus
Les souvenirs les os de ceux qu’ici germaient
Et il fixe la plaine attendant en plein Mai
La fin des jours de peine ou une mort absolue
La fin des jours de peine
Derrière lui se tient à en quitter haleine
Où se terraient les siens vestiges de forêt
Terres boisées bocages - en reste sols forés
Infinis marécages et une longue haine
Infinis marécages
C’est le roi du monde C’est un oiseau en cage
Il n’y aura plus frondes Il n’y aura plus joies
Il n’y aura plus niais Il n’y aura plus soi
C’est hélas le dernier C’est la fin du carnage
C’est hélas le dernier
Tourne à jamais le temps enfermé au grenier
Tourne à jamais le temps pluie glacée ciel brûlant
Reste sa vastitude il clame au vents hurlants
Ces jours de solitude où brulaient les deniers
Ces jours de solitude
Partis sont les beaux halls les plaisantes habitudes
Les éplorés saules les ravissants hôtels
Les somptueux convives et le splendide autel
Sans feu qui les ravivent il reste lassitude
Sans feu qui les ravivent
Pour vous, que vois-t-il donc ? Vois-t-il au loin les rives ?
Vois-t-il seulement quelconque ? Est-il idiot sans cour
Ce roi qui seul resiste au temps aux heures aux jours ?
N’est-il donc pas si triste esprit à la dérive ?
N’est-il donc pas si triste
Arbre, qui seul existe ?
Notes de publication
Poème fini le 30 mars 2025, publié et révisé le 1 avril 2025